Imaginez un inquisiteur plus résistant que la moyenne, et encore plus fermé d’esprit que les autres. Voilà, ça y est ? Maintenant, dites-vous qu’il s’agit d’un type incapable de tuer une mouche. Toujours ? Bon… Mettez-lui un profil offensif correct, ce qui est normal pour un inquisiteur. Voilà. Le guerrier qui se tient devant vous est une unité de soutien. Étonnant, non ? Et pourtant, c’est le cas. C’est même un des meilleurs soutiens de l’Église. Quoi ? Un guerrier parmi meilleurs soutiens de l’organisation qui possède les soutiens spécialistes les plus performants ? Mais combien de niveaux ça peut valoir, cette monstruosité ? 40. Pour 40 niveaux, vous pouvez avoir le petit vieux amer nommé Grey dans vos rangs.
Et alors ? Qu’est-ce qu’il sait faire, ce chauve psychorigide ?
On s’y penche : l’organisation des unités en cristaux de neige se penche sur sa nouvelle recrue (enfin, pas tant que ça, en fait.), et elle se dit que pour un cristal de neige, Grey est plutôt solide. Par la magie rare d’un point d’armure et d’un petit supplément de points de vie par rapport aux autres inquisiteurs, il jouit d’un profil défensif identique à celui d’Azriel et d’un profil offensif « à nu » inférieur d’un point de dégâts à peine. Joli score, si l’on tient compte du fait que Grey vaut 10 niveaux de moins. Histoire de calmer le jeu de ce côté-là, un désavantage (fâcheux ? Pas tant que cela.) nous indique que Grey est incapable d’éliminer la moindre unité adverse. Si un de ses coups devait en tuer une, elle restera à 1 point de vie. Ce désavantage n’en est pas vraiment un : il ne fait que faire de Grey une unité de l’Église à part entière, c’est à dire une unité au rôle extrêmement spécialisé. La similitude citée plus haut est donc assez trompeuse, puisqu’aussi vrai qu’Azriel est un spécialiste de l’extermination pure et simple, Grey est un spécialiste de la protection de ses alliés, et toutes ses capacités (Oui, même le Châtiment éclair) en font une unité absolument défensive, c’est-à-dire un soutien. (C’est comme ça qu’on appelle une unité qui ne tue pas par elle-même les unités adverses) Cependant, la particularité de Grey est d’être un soutien qui n’a pas vraiment besoin d’être lui-même défendu et, mieux, pouvant défendre les autres.
Il va pour ce faire procéder de trois manières différentes. La première, la plus directe et la plus évidente, c’est de prendre les coups à la place des autres. Grey a la capacité d’intercepter une charge ou un tir jusqu’à 10 cm., ce qui permet, en le plaçant devant les autres unités moins solides (Les inquisiteurs aussi !), de couvrir une zone de 20 cm. par où personne ne pourra passer sans se faire immédiatement arrêter. En gros, il joue les gardiens de but… Oui, mais, car il y a toujours un mais, Grey n’est pas si solide que ça. Défense 9, Armure 1, Points de vie 16, c’est beaucoup pour l’Église, mais c’est pas folichon. Comme pour Hazael, ce sont les capacités spéciales de Grey qui en font une figurine très solide. En tête, la Protection finale offre des esquives gratuites pendant un tour. Cette capacité a un coût élevé (3 PA !) mais rend Grey très difficile à tuer par accumulation de coups, et lui permet de bloquer une unité adverse du genre dangereuse sans trop de difficultés, et sans avoir besoin de beaucoup de soutien. À cela s’ajoute le fait que Grey ne possède pas vraiment de capacité spéciale offensive (Châtiment éclair, mais c’est particulier) susceptible de le vider de ses PA, et donc qu’il aura quasiment toujours de quoi faire une esquive. C’est donc le genre de personnage qu’on peut se permettre de mettre devant les autres avec Hazael et Khaine pour recevoir la charge d’en face et exploser ensuite le chargeur fatigué avec les exterminateurs bien planqués au chaud derrière leurs protecteurs. Grey défendra aussi bien les soutiens que les inquisiteurs, et Dieu sait comme les deux en ont besoin.
La seconde possibilité qu’a Grey pour protéger ses alliés, c’est de se sacrifier à leur place. Oui, cela peut sembler un peu extrême, comme solution, mais en fait, cela s’inscrit parfaitement dans la logique de l’Eglise. Pour faire une armée à thème, on pourrait par exemple prendre Grey, Khaine, l’Avantage « Foi inébranlable » et Roméo avec la carte avantage « Sang de dragon »… L’adversaire sera-t-il découragé lorsqu’il devra tuer pour la quatrième ou cinquième fois l’inquisiteur suprême, alors que celui-ci continue à lui taper dessus ? (Une fois pour le marqueur foi, une fois ou deux pour Khaine, une fois pour le marqueur foi de Khaine, une fois pour la carte avantage, une fois pour Grey et une fois pour finir Roméo. Sachant qu’il y a toujours moyen de soigner Khaine et qu’avec beaucoup de points, il y a le second leader qui ramène son groin, avec ses capacités de résurrection encore plus délirantes…)
La troisième méthode est dissuasive : Châtiment éclair est une capacité très offensive, mais si difficile à placer qu’elle ne servira pratiquement pas. C’est alors qu’on se rappelle que Grey est un protecteur et un bloqueur, et donc que son rôle est d’entraver l’adversaire, pas de lui faire des dégâts. Châtiment éclair doit s’utiliser sans s’utiliser : une fois que Grey a attrapé sa proie, un inquisiteur peut tout à fait venir bourrer sur la « proie » et dépenser tous ses points d’action en offensif sans crainte, puisque s’il venait à sa cible la mauvaise idée de répliquer, Grey serait là pour lui balancer sa grosse patate juste après. Ceci expliquant cela, une unité engagée avec Grey et un autre inquisiteur (il faut créer cette situation) préfèrera 90% du temps taper sur Grey plutôt que de risquer le Châtiment éclair, et on peut donc considérer que cette capacité renforce son rôle défensif et de garde du corps. (C’est encore plus vrai si l’allié engagé avec Grey est Azriel, puisque l’adversaire risque, en attaquant Azriel, de se manger Châtiment éclair suivi de Peine promise…) Une exception toutefois : une unité de peu de points de vie ou affaiblie au point de ne plus en avoir beaucoup n’aura cure de se manger l’attaque de Grey, puisque celle-ci ne peut pas tuer. Il vaudrait donc mieux immobiliser des unités relativement difficiles à tuer par ailleurs, solide ou ayant beaucoup de pv pour rentabiliser cette tactique. Par parenthèse, la capacité Exaltation rejoint le Châtiment éclair dans l’intérêt de son utilisation, dans la mesure où elle motive encore plus l’adversaire à chercher à tuer Grey avant les autres pour éviter de booster le profil offensif du vieux.
En ce qui concerne les cartes avantage, il peut bénéficier d’un peu de tout ce qui profite aux guerriers, avec cependant une nette préférence pour tout ce qui peut booster son apport défensif. C’est une unité très spécialisée, et il semble donc vain d’essayer d’équilibrer son profil grâce aux cartes. L’Église joue sur la complémentarité de ses troupes, donc quitte à avoir des unités qui ne remplissent qu’un seul rôle, autant qu’elle le remplissent bien. Pour Grey, et c’est pour cela que j’en parle, deux cartes semblent avoir un intérêt tout particulier : la Montre de Chronos et le pouvoir Martyr. La première permet, au choix, d’utiliser Ma vie contre la tienne en catastrophe pour le cas où il y aurait eu un bug du côté de la gestion des PA, mais aussi de pouvoir utiliser Châtiment éclair tout en maintenant la Protection finale activée. Il peut donc être intéressant de dire à l’adversaire que Grey possède une montre de Chronos et de lui exposer cette éventualité pour être sûr qu’il y pense, parce que sinon, la dissuasion, ça ne marche qu’à moitié… Et s’il persiste et signe, alors vous aurez la joie de lui mettre une grosse beigne avec Grey. Au final, ça ne change pas grand’chose, mais je pense qu’il est plus intéressant que l’adversaire sache que dans cette situation, il ne peut faire qu’un mauvais choix. Saper le moral des troupes adverses est un avantage à ne pas négliger. Voilà pour l’utilité de la montre de Chronos (le meilleur choix à mon avis). Une autre possibilité intéressante est d’utiliser Martyr en tablant sur la mort de Grey à un moment où à un autre, avec sa capacité à se sacrifier pour les autres. Là où c’est intéressant, c’est dans le cas où l’on souhaite jouer très offensif avec un déséquilibre en faveur des inquisiteurs dans la composition. Le sacrifice de Grey pour sauver un allié peut alors être une très mauvaise surprise, permettant non seulement de soigner l’allié sauvé immédiatement après (et donc de rentabiliser assurément Martyr) mais en plus, de retaper tous les inquisiteurs proches qui, si vous jouez offensif, ne devraient pas être en très bon état.
Enfin, s’il fallait signaler un défaut éventuel de Grey, ce serait sans doute la tentation qu’il peut y avoir de le jouer sans profiter pleinement de son (énorme) potentiel. Soit, au vu de sa classe de guerrier et de sa condition d’inquisiteur, le joueur aura tendance à le jouer offensivement et à chercher à le rentabiliser en infligeant un maximum de dégâts à l’adversaire, soit il verra en lui un défenseur parfait, mais lui attribuera un rôle de garde du corps des soutiens exclusif. À mon sens, aucune de ces deux tactiques ne rend justice à Grey, qui a tout intérêt à protéger les inquisiteurs autant que les soutiens du premier contact, et à bloquer l’adversaire pour permettre aux autres d’infliger de gros dégâts sans crainte.

Voilà, voilà. En espérant que ces conseils (rien de plus) trouvent leur utilité.

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