À première vue, Hazael est une gamine pré-pubère qui dort dans les bras d’un Alius en attendant que la bataille se termine. D’après son background (on dit fluff, pardon mon Dieu), cette petite pouffe a été canonisée avant même d’être née, et tout lui vient naturellement sans qu’elle ait besoin de potasser ses manuels d’invocations. C’est tout le problème, avec ces gosses pistonnés qui se retrouvent à devoir assurer des postes qu’ils sont incapables de tenir : non seulement, ils ont du mal à être crédibles face à leurs supérieurs, mais également à se faire respecter de leurs subordonnés. Là encore, elle se débrouille bien, la petiote, parce que toujours d’après ce fluff, les subordonnés en question sont de vieux potes, et pour ce qui est des supérieurs, bah… ça dépendra de vous.
Je me dois alors de soulever une question d’un intérêt majeur : mis à par le fait d’être une excellente défense pour les soutiens, une unité mobile, polyvalente, le guerrier le plus solide de l’Église et le second meilleur invocateur du jeu, ex aequo avec Belith, quel peut bien être l’intérêt d’Hazael ? On se le demande.
Essayons donc de développer un peu.

Alors, sale mioche crasseuse et bruyante, qu’est-ce que tu sais faire ?
Tout d’abord, Hazael peut faire ce que peut faire n’importe quel guerrier qui assume pleinement son état : bourriner. Elle possède, en vrac, une Attaque correcte, des Dégâts bons pour de l’Église, une distance de charge honorable et la capacité innée Vol, lui permettant de n’être que rarement interceptée. La charge sacrée, sa seule capacité spéciale directement offensive, est d’une finesse déconcertante : sors ton artillerie, vide ton chargeur de PA et plombe-lui le crâne au calibre 40 mm. (je parle du socle) Attention au recul et aux taches de sang sur ta robe. Cette charge peut toutefois laisser l’observateur distrait assez dubitatif, pour ne pas dire complètement impuissant. C’est vrai, pourquoi se priver de la possibilité d’esquiver alors qu’une charge normale ne fait que 2 de dégâts en moins ? Le fait que cette charge-là génère Lancer devrait-il suffire à emporter mon choix ? Et si ce n’était pas le cas, devrais-je alors convertir la (charmante) petite Hazael en gastromancien ogre pour mon armée warhammer ? Halte-là, malheureux, lâche ton marteau et ton burin ! Cette charge ne doit pas être utilisée dès lors qu’Hazael a la possibilité de charger, mais bien plutôt lorsqu’elle a l’occasion, mettons, d’aplatir un gros bourrin adverse sur un élément de décor solide. Effectivement, si c’est juste pour le petit bonus aux Dégâts, la Charge sacrée ne vaut pas vraiment le coup, mais si l’on parvient à paralyser un adversaire pour mieux l’achever avec l’exterminateur qui se cachait derrière Hazael, là, ça devient autrement plus intéressant.
Par ailleurs, il est une autre cible dont Hazael sera friande : les soutiens adverses. Si elle n’avait pas autant d’options à côté, on pourrait pour cela la ranger dans la catégorie des Exterminateurs tant elle remplit bien cette fonction. Pourquoi dis-je cela ? D’abord parce qu’avec le Vol, elle a très peu de chances d’être interceptée, et pourra donc atteindre les unités les plus vulnérables, bien planquées, loin dans les lignes adverses… Mais il y a mieux : si on la compare à l’autre Exterminateur de soutiens que l’Église a la joie de posséder (Alis), on remarque que :
– Hazael est beaucoup plus susceptible de survivre à cette plongée dans les lignes adverses que sa collègue.
– Hazael possède des capacités qui rendent comparable à celle d’Alis sa capacité à se désengager vite et à s’enfuir pour regagner son camp. (Cf. Ouragan Véloce)
– Hazael n’a pas besoin de sacrifier des points de vie à longueur de temps pour rester en vol.
Vous m’objecterez alors qu’Hazael ne peut pas se désengager facilement si elle est au contact avec une unité à socle moyen ou large, et qu’en plus, elle vaut 15 niveaux de plus qu’Alis. C’est vrai, c’est problématique, mais il faut garder à l’esprit qu’Hazael n’est pas une unité purement offensive comme Alis, et que cette possibilité de l’utiliser – efficacement ! – pour exécuter du soutien adverse (Aoi, Reinhold, Sophia et autres Adolf Brüner) n’est qu’une option de plus dans son vaste panel. Sachant que ce n’est pas son domaine de prédilection, et que ce n’est pas vraiment à cela qu’elle se destine, on peut voir cette possibilité comme un plus agréable et, avec tout le respect que je dois à Alis, comme un moyen de substitution par rapport aux chasseurs de soutiens habituels.
Voilà pour le côté offensif. Voyons à présent le domaine où Hazael brille le plus : le blocage. Entendons-nous bien : je ne parle pas de son complexe d’œdipe ou des monstres qui bavent sous son lit, mais de sa capacité à absorber une quantité assez phénoménale de coups et à immobiliser plusieurs figurines adverses que les inquisiteurs pourront ensuite charger tout en choisissant – Ô, joie – leurs morceaux favoris. Avec une défense de 9, 3 points d’armure et 15 points de vie, Hazael a le second profil le plus résistant de l’Église. (Un point de vie derrière un Leader suintant le pouvoir, qui vaut 20 niveaux de plus et a des capacités spéciales exclusivement tournées vers l’offensive.) Cependant, ce sont ses capacités Ouragan véloce et Mur de boucliers qui achèvent d’en faire une excellente unité de blocage. Le second permet de nullifier quasi-certainement les dégâts d’une attaque, même les plus violentes qui soient. De plus, bien que ce soit une esquive à deux points d’action, Hazael n’a pas besoin de faire, comme c’est le cas de Celia (par exemple), un choix entre esquiver « bien » et esquiver « beaucoup », dans la mesure où le Mur de boucliers augmente également son Armure jusqu’à la fin du tour. L’Ouragan Véloce, pour sa part, permet de replacer les adversaires engagés un peu comme on veut, voire d’en engager plus pour ne tanker que mieux. Mode opératoire : on les expulse sur 5 cm. en en profitant pour les placer de manière bien organisée, puis on utilise le mouvement passif pour les réengager à sa guise. S’il y a d’autres unités adverses tout près, on peut en profiter pour les immobiliser au corps-à-corps avec les autres mais, le mieux, c’est le cas où on est juste à côté d’un élément de décor solide. Étant donné que la direction du mouvement est choisie par le joueur contrôlant Hazael et que l’effet est automatique, ça fait mal.
Petite précision : jouer Hazael de manière offensive peut alors avoir comme intérêt de s’assurer qu’elle soit engagée au milieu de la bataille avec une ou plusieurs unités, et qu’elle fasse efficacement son travail de blocage.
Et alors, direz-vous, je croyais que l’enfant prédestinée (comme on l’appelle au club) était également une invocatrice ? Tout à fait, j’y viens, mais avant, je voudrais quand même commenter la seule capacité d’Hazael dont je n’ai pas encore cité le nom : l’Exorcisme. Honnêtement, c’est peut-être ça qui me laisse le plus indécis. Certes, cela permet de faire perdre pas mal de points de vie à une unité d’obscurité et, si celle-ci est blessée, c’est un moyen de l’achever sans avoir à se salir les mains, mais l’effet est assez faible et peu de figurines d’obscurité ont moins de 10 en résistance. (Vayl et quelques agents, ce doit être tout.) Du coup, à part faire dépenser un peu de sa gnose à l’adversaire en visant un blessé, il est peu probable que l’Exorcisme ait réellement un effet. (dans ce cas, c’est équivalent à « fils de la destinée » en plus difficile à placer) Bref, à mon avis, dans la plupart des cas, Hazael aura beaucoup mieux à faire des deux points d’action que ça coûte, et cette capacité devrait être considérée comme une option à usage occasionnel.
Au niveau des invocations, je ne vais pas m’attarder ici sur leur gameplay respectif, d’autant plus que mon expérience en la matière est plutôt limitée, mais Hazael ayant pour affinité la Lumière, elle pourrait avoir pour l’instant l’Alius, l’Elhaim ou l’Arias Vayu. Pour faire bref, l’Elhaim est avant tout une unité de soutien et de tir, et me semble donc superflue au vu de ce que possède l’Église en la matière. (De meilleurs soutiens – un gameplay assez peu tourné vers la distance) L’Arias Vayu est lui aussi une unité de tir, en plus puissant (mais plus inconstant) que l’Elhaim. La meilleure solution « généraliste » me semble donc être l’Alius, autrement dit, un second profil très proche de celui d’Hazael, là pour tanker et bourriner. Les inquisiteurs de l’Église, rappelons-le, s’entendent très bien avec les brouettes de points de vie et autres grosses armures, si celles-ci peuvent absorber les coups les plus douloureux de l’adversaire et ainsi leur permettre de donner tout ce qu’ils ont en offensif.

Pour récapituler, je dirais qu’Hazael, c’est une unité de 55 points qui…
– Bloque aussi bien, voire mieux, que Kronen.
– Chasse les soutiens presque aussi efficacement qu’Alis.
– Défend les votres pas aussi efficacement que Grey, mais assez bien quand même.
– Est un aussi bon invocateur que Belith.
– Envoie ses adversaires dans le décor presque aussi facilement que Lorenzo.
– Est plus mignonne que Konosuke.
– Complète et équilibre agréablement un groupe de l’Église en comblant quelques points faibles de cette organisation.

Des défauts ? Si je devais en trouver un, ce serait sans doute sa résistance (10, soit le plus faible score de l’Église), mais ce point faible sera probablement peu exploité, dans la mesure où un joueur qui joue contre l’Église compte assez rarement sur les effets négatifs pour gagner. On pourrait également signaler qu’Hazael étant plus solide que les inquisiteurs, le joueur risque de se montrer un peu trop confiant et de laisser l’adversaire taper dessus sans faire suffisamment attention. Il ne faut pas tenter le diable : on peut prendre des gros coups et y rester, même avec 5 d’Armure et une bonne défense.
Cependant, Hazael est indubitablement un tank utile autant qu’unique dans son organisation, et me semble donc être un choix avisé (sans être obligatoire, bien sûr) pour à peu près n’importe quelle composition ecclésiastique, avec ou sans invocations.

Voilà, voilà.

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